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Vers Macao

mardi 25 novembre 2008, par Jean Landré

Dans cette grande Chine, le rédacteur se ’cantonnera’ à l’extrait géographique ci-contre où se déroule l’action de ce vendredi. Les trois premiers jours chinois de Frédéric et Jean se situent à (ou près de) Gouangzhou (Canton pour les français). On retient : la présentation du projet de maison de thé à Jiu Xian et un déplacement vers Hursan Spot. Le projet de parc se situe à 500 Km au nord et ne figure pas sur la carte.

Jiu Xian, projet ’Tea House’

Laissons-lui sa dénomination anglaise à cette maison de thé. Le projet ne soulève pas autant l’adhésion de Fred que celui du musée, présenté la veille. Pas assez original. Le bambou n’est pas utilisé comme il voudrait. L’intervention de Markus nait dans son esprit. Il ne faut cependant pas heurter la sensibilité des étudiants qui ont travaillé sur ce projet qui en est à sa seconde mouture.

Hursan Spot

Les français arrivent en retard au RV de Mme Eva LIN qui a accepté de permuter l’invitation faite à Markus. Il s’agit de visiter un terrain d’une trentaine d’hectares, situé à 60 Km, sur la route de Macau. Le premier contact est glacial. Poignée de main crochue de la Dame qui donne sa carte à Fred (sans retour) et ignore Jean. Le 4x4 est conduit pas un jeune diplômé de la prestigieuse Business School de Londres. Il faut avouer que les deux français ne savent pas trop où ils vont. Eva ne parle pas un mot d’anglais et son chauffeur répond prudemment aux questions de Fred.
  Où va-t-on ?
  Quelle durée ? une heure annoncée.

Les réponses sont émises au compte-goutte. La voiture quitte le centre-ville, s’arrête à un premier péage autoroutier. La route est embouteillée, bordée d’usines sinistres. Il fait une vingtaine de degrés. Le ciel, sans doute bleu n’arrive pas à percer la pollution. Les panneaux indicateurs en chinois sont inexploitables. Selon la direction du halo solaire, Jean estime à Sud-SO la route suivie. Sa faible connaissance géographique des lieux suffisent cependant à préciser qu’ils vont vers la mer ! Quelques monts se dessinent sur la gauche. Le 4x4 arrive enfin à destination, une quinzaine de Km après avoir quitté l’autoroute, emprunté une digue interminable et suivi les lacets étroits d’un chemin de montagne. Le site est apaisant. C’est la première fois que les visiteurs notent la présence d’oiseaux, depuis leur arrivée à Canton. Un plan d’architecte (et non une carte) est déployé par le garçon qui accompagne Mme LIN.

Elle semble être la propriétaire de ce lieu, sauvage, qui s’enroule autour d’un petit lac. Elle souhaite en faire un lieu de rencontre pour artistes. Frédéric flaire plutôt un projet de lotissement sur 30 Ha constructibles parmi les 300 du terrain. Veut-elle vendre cent millions d’euros ce qui fut acheté le cinquième voici trois ans ? Veut-elle louer ? Veut-elle construire avec des partenaires ? On sait que seul l’Etat chinois peut vendre des terrains. Seule la location longue durée est possible entre particuliers. La propriétaire serait donc quelqu’un de très proche du gouvernement. Aucun des éléments glanés pour l’instant, ne cadre avec les connaissances foncières des français. Est-il imaginable que des cantonnais viennent habiter ici, à deux heures de voiture ou à 1h (en bateau) de Hong Kong. L’idée d’un parc de loisirs du type de celui projeté à Jiu Xian n’accroche pas non plus. A cause de l’éloignement urbain, le la pollution observée, de l’absence de spot touristique proche…

La dame laisse son chauffeur emmener les français quelques centaines de mètres plus loin, au bout de la route en lacets. Une curieuse noria de voitures noires vient remplacer le 4x4. Fred entend le cri d’un poulet qu’on tue et avertit Jean qu’il va l’avoir dans son assiette d’ici une demi-heure. En effet… pas tendre le coco !

Le point des projets

Il n’y est pas encore, mais avant d’y arriver, Jean accumule des éléments pour mieux comprendre ce projet qui l’attire en Chine, dans le sillage de son copain. Jiu Xian [1] est un village de 1100 habitants, près de Guilin, une des principales villes de la province du Guandxi. Six millions de touristes/an passent par Guilin (dont un million et demi d’occidentaux) pour admirer les paysages de montagnes que dessinent les formations karstiques. Peu d’attractions sont disponibles, à part la descente en bateau de la rivière Li. L’idée de créer un parc est née, voici deux ans. Non pas un parc, genre ‘disneyland’, mais un parc original à plusieurs titres. Environnemental, écologique, et financier. Dast apparaît comme une fondation, d’économie mixte chinoise, crée pour assurer la promotion du projet. La rentabilité ne bénéficie pas seulement, pas au promoteur DaST, mais aussi aux habitants. On aura l’occasion d’argumenter ultérieurement le projet qui entre vraiment maintenant dans sa phase active.

En effet Les étudiants du SCUT de Canton y travaillent d’arrache pied. Une maquette est prête pour la construction d’un musée. La réglementation foncière autorise également la construction d’une maison de Thé en pourtour des rizières avant que la pente ne soit trop abrupte. Un plan est d’ores et déjà proposé. Il s’agit de la structure en bambou évoquée plus haut. Une route d’accès vient de commencer. Fred était absent et n’a pu empêcher l’utilisation de ciment pour le soubassement. Concernant les maisons, l’inventaire est fait. De nombreuses sont en ruine mais sont la propriété de paysans qui ne les habitent plus. Un étranger ne pouvant acheter de l’immobilier, c’est un processus de location pour 70 ans qui a été initié. 16 maisons sont concernées mais seuls 6 propriétaires ont donné leur accord. Ultérieurement, il est prévu d’installer une ‘maison de santé’ dans les hauteurs. Il est cependant prématuré d’en parler compte tenu de l’interdiction de construire au-delà d’une certaine altitude. Mais les règles peuvent évoluer dés que les premières réalisations sortiront de terre. La réglementation chinoise est pragmatique. On commence par les décrets d’application. On voit si ça fonctionne. C’est alors qu’on écrit et qu’on promulgue la loi. Elle est ainsi ‘testée’ par les applications… C’est l’inverse de ce que l’on fait en France.

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[1Xian, en chinois est le vieux soleil

Messages

  • Vers Macao en vélo ?

    Ces Chinois ne seraient-ils pas plus écolos et plus lucides que nos vieux cerveaux d’Europe ?
    En tout cas, ils semblent capables d’écouter, et bien plus réactifs ,

    Cà me donne envie d’aller voir et négocier avec eux ; d’autant plus que la Chine n’a pas l’air si vilaine !

    inch’allah ,

    jp sjpf

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